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Billet d’humeur : les paradoxes du confinement

Contradiction. C’est le mot qui me vient en tête pour décrire la situation actuelle, cette période suspendue, presque irréelle. Il y a d’abord ce décalage incommensurable entre ce que disent les médias, le discours des gouvernants, et notre vie réelle. Comment cela peut-il être la guerre, comment cela peut-il être si grave alors que je ne connais aucune personne atteinte du Covid-19 ?

Et puis il y a cette confusion générale, entre l’interdiction formelle de sortir sauf nécessité absolue et ces milliers de personnes qui, faute de pouvoir télétravailler, se rendent chaque matin au boulot, comme si de rien n’était. Ce décalage dans le discours, entre « la petite grippe » et « la pandémie »…

Alors on prend ses marques à la maison. Cela ne fait que quelques jours, c’est nouveau, on travaille aux horaires presque habituelles, on a un peu plus de temps pour s’occuper du jardin, cuisiner, ce serait presque agréable. Différence gargantuesque entre ce quotidien au chaud dans notre foyer et ce qui semble se passer, là dehors, mais que l’on ne peut – pour le moment – que percevoir au travers de la lucarne de nos petits écrans.

Dehors, le printemps explose…

Cette crise, elle réinterroge nos modes de vie. La vie animale reprend le dessus dans certains endroits du globe, là où l’humain s’est effacé. La pollution atmosphérique se réduit considérablement… Je m’imagine perchée dans l’espace, observant notre planète d’en haut. On y verrait des milliards de petits points lumineux, car ça vit, là, en bas, dans chaque maison, dans chaque famille, mais plus aucun mouvement ou déplacement. Comme si tout était figé.

Nous sommes au cœur du mythe de l’arbre et la pirogue. Vous connaissez ? Cette adage vient de l’archipel de Vanuatu. Il reflète ce déchirement perpétuel entre l’ancrage en un lieu et l’envie d’en découvrir des milliers d’autres. Aujourd’hui se pose la question du voyage et avec elle celle de l’insouciance. Pourrons nous, demain, retrouver la liberté de parcourir les routes, une journée à la plage, un week-end en Europe, ou plus loin encore ?

On est seul chez soi, mais on n’a jamais été aussi présent pour nos proches, jamais été autant en contact avec eux, comme si dans l’adversité, ressortait la bienveillance. On reprend le temps des choses, on prend conscience de nos rythmes de vie à 100 à l’heure, et pourtant on n’a jamais été autant scotchés à nos smartphones, seul lien tangible avec les nôtres – les parents, les grand-parents, les amis. C’est comme si il y avait dans cette épidémie une face lumineuse, qui redonne de belles perspectives à notre planète, et LA face obscure, indéniable, qui va tuer des milliers de gens.

Comment vivre avec ce paradoxe ? Ce que je sais, c’est que cette crise, qu’elle dure 2 semaines ou bien plus, nous aura permis de repenser nos modes vies et nos modèles de société, de faire bouger les lignes, tous ensemble dans la même contradiction.

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