volontariat-europeen-bulgarie

5 mois de volontariat européen en Bulgarie

En 2015, j’ai eu l’occasion de partir à Sofia, la capitale Bulgare, pour un service volontaire européen, qu’on appelle aujourd’hui Corps européen de solidarité. Je vous livre mon témoignage complet de cette expérience d’expatriation de 5 mois qui m’a profondément marquée.

Avant de partir en volontariat européen…

L’idée de s’expatrier

Je me souviens qu’à l’âge de 20 ans, j’admirais mes amies parties en Erasmus. Je les trouvais audacieuses de quitter le nid. Je me disais que je serai incapable d’en faire autant… 7 ans plus tard, cette idée me trotte dans la tête, elle est là, présente. Le fait de vivre une expérience à l’étranger, de goûter au moins une fois dans ma vie à l’expatriation. J’étais en couple depuis 10 ans, en CDI depuis 6 ans. Mon homme aimait beaucoup son travail qu’il avait démarré il y a peu. Un jour, dans le train, nous discutions de cette idée, librement. Je me souviendrai toujours de sa phrase : « Qu’est ce qui t’empêche de le faire ? ». Et moi, de répondre « Je sais pas, nous, notre couple ? ». Il m’a dit qu’il voulait que je vive mes rêves, qu’il me soutiendrait et serait à mes côtés. Ça n’était ni sa priorité ni son envie du moment mais il ne voulait en aucun cas me freiner dans mon envie. Je n’oublierai jamais ce soutien immuable de sa part !

La préparation du projet

Je me suis vite décidée pour un Service Volontaire Européen. Je connaissais les avantages : l’accueil dans une association pour réaliser une mission d’intérêt général, la prise en charge du logement, du transport, de l’hébergement… J’avais encore l’âge requis (jusqu’à 30 ans), il fallait que je fonce ! Je me suis rendue à une réunion autour de la mobilité à La Maison de l’Europe. Il s’agit de la structure d’envoi des volontaires dans mon département. J’ai commencé à créer mon CV et ma lettre en anglais, épaulée par l’équipe. Et puis a commencé une année de galère ! Oui, vous avez bien lu, il m’a fallu un an en tout et pour tout pour trouver ce projet. La première raison étant que je voulais partir seulement quelques mois, et les projets de cette durée sont plutôt rares. J’ai du envoyer environ 80 candidatures spontanées au Portugal, en Croatie, en République Tchèque, aux Pays Bas… Plusieurs pistes se sont dessinées, je suis même aller rendre visite à l’une des associations lors de notre voyage en Croatie ! Finalement, je suis tombée sur une annonce sur le groupe Facebook EVS Vacancies à propos d’une mission de volontariat de 5 mois à Sofia. Après l’envoi de ma candidature, j’ai eu deux entretiens sur Skype (dont un qui m’a complètement déstabilisée, j’étais persuadée de ne pas être prise), et j’ai finalement eu une réponse positive.

On m’avait conseillé de faire des candidatures spontanées auprès des structures agréées. Seulement, tant que leur projet n’est pas validée par l’Union Européenne, rien ne garantit qu’elles pourront accueillir des volontaires. Je vous recommande plutôt de candidater sur une mission déjà approuvée par l’UE ou mieux encore, de remplacer un volontaire de votre pays qui n’a pas pu se rendre sur la mission. Ce dernier choix permet de partir très rapidement !

Le grand départ

Un trajet en douceur

Après avoir négocié un congé sabbatique de 6 mois avec mon employeur, j’étais libre de m’envoler vers cette nouvelle vie qui me terrifiait autant qu’elle m’attirait. Plus le temps passait, et plus je me demandais si je ne faisais pas là une énorme bêtise, partir 5 mois loin de mon homme, de ma maison, de mon chat, dans une ville inconnue, avec des inconnus… Ce doute ne m’a pas quitté durant tout le trajet vers Sofia, que j’ai souhaité réaliser en douceur. J’avais très envie de prendre le temps nécessaire pour faire ces quelques 2500 km, et surtout en profiter pour visiter la ville de Vienne que je rêvais de découvrir depuis longtemps. Après un trajet en train vers Paris, armée de mon sac à dos de 60 litres et de ma grosse valise à roulettes, c’est à la gare de l’Est que j’ai dit au-revoir à mes amis et à mon chéri. Première destination : Munich. C’était le 30 janvier 2015. Sur le trajet, le paysage défilait, je commençais à prendre conscience que tout allait changer sans vraiment savoir à quoi m’attendre. A Munich, j’ai pris un train de nuit pour Vienne. Je n’ai pas fermé l’œil, toujours emprunte de cette anxiété qui ne me quittait pas. Au petit matin, j’ai fondu en larmes, persuadée que je n’y arriverais pas…

La découverte de Vienne

Après ce petit moment de désespoir, je me suis lancée à la découverte de la ville. Mes sacs à la consigne de la gare, je suis partie vagabonder dans les rues du centre. Je n’avais jamais voyagé seule, c’était à la fois doux et étrange. J’ai eu l’immense plaisir de découvrir deux lieux enchanteurs : la maison Hundertwasser et le Belvédère, un palais-musée où se trouvent notamment des œuvres de Gustav Klimt ou Egon Schiele.

Enfin, j’ai fini par aller voir le château de Schonbrunn, résidence d’été de l’impératrice Sissi, avec ses jardins immenses, sa serre surdimensionnée, ses statues et ses fontaines… et c’est bien la première fois que j’ai eu l’occasion de voir une mouette faire du patin à glace sur une fontaine gelée !

En fin d’après-midi, je me suis rendue à la gare routière internationale. Ne voyant pas mon bus affiché sur les écrans, je suis allée voir directement sur le parking. Mon bus était là, prêt à partir. Je m’embarquais pour 15h de trajet direction Sofia, incluant une petite sortie à la frontière serbe à 1h du matin… J’ai encore une fois très peu dormi. A l’arrivée, j’ai reconnu Vasko, l’un de mes coordinateurs de projet, avec son mètre 90. Il m’a escorté jusqu’à mon appartement où je me suis écroulée de fatigue. Le réveil dans l’après-midi était un de ces réveils où l’on ne sait pas où on se trouve…

Le travail à l’association en tant que volontaire européen

L’accueil

Le soir de mon arrivée, nous sommes allés chercher, avec Vasko, mon premier collègue et colocataire venu tout droit de Madrid, Pablo. Vasko nous a proposé d’aller voir les lumières de la ville tout en haut de la montagne… Un beau moment qui augurait bien l’état d’esprit de l’association et des personnes qui allaient nous entourer durant ces 5 mois de volontariat. Nous avons par la suite rencontré l’ensemble des membres de l’équipe, notamment Toni, notre coordinatrice autour de la mission qui nous était confiée. Les membres de l’association ont tout de suite joué le jeu en s’exprimant en anglais avec nous. Ils ont consacré une demi journée à des jeux de « team-building » afin que nous apprenions à nous connaître.

Nous avions également deux « tuteurs » pour nous accompagner tout au long de notre mission de volontaires sur les aspects plus personnels : nous faire découvrir la ville, discuter de la culture bulgare, nous aider en cas de besoin… Aleksander et Gergana, alias Sasho et Gerry, ont toujours été présents pour nous, et nous avons passé beaucoup de temps ensemble, à boire un verre ou manger ensemble, et surtout discuter.

Deux semaines après notre arrivée, Nawi, notre troisième colocataire et collègue venue de Pologne, nous a rejoints. Nous avons participé à 5 jours de formation avec 20 autres volontaires venus de 11 pays différents. Cette formation était surtout prétexte à rencontrer d’autres volontaires SVE. Nous avons commencé avec des jeux de présentation, des exposés à propos de nos projets, nos premières expériences… Il s’agissait également de nous donner des informations sur l’assurance santé, le budget, le rôle de nos organisations d’envoi et d’accueil… Nous avons beaucoup échangé sur les relations interpersonnelles et nos attentes durant cette expérience. L’un des exercices qui m’a le plus marqué : écrire une lettre à la personne que l’on sera à la fin du volontariat. Un travail intéressant qui permet de comparer ses projections à la réalité !

La mission principale de ce Service Volontaire Européen

Notre mission à l’association Roditeli : réaliser des jeux et décors pour le festival le « Famillathlon ». Cet événement rassemble des centaines de familles dans l’un des plus grands parcs de la ville, le Yuzhen park. Nous avons commencé par des recherches sur les capitales européennes, sur le web mais aussi auprès d’ambassades et associations culturelles. Nous avons ensuite passé 3 mois dans une usine désaffectée transformée en atelier d’artistes, à réaliser des créations en bois, carte, papier mâché, peinture… Il y faisait un froid de canard et le lieu n’était pas très glamour, mais qu’est ce que c’était chouette de passer des journées entières à créer !

Dès le départ, on nous a donné une grande autonomie. Nous avions le choix de gérer notre temps comme nous le souhaitions avec une règle : être présents aux réunions dans les locaux de l’association (1 à 2 fois par semaine). Pour le reste, nous avions la clé de notre local et pouvions nous y rendre quand bon nous semblait !

« Grains of sand », mon projet personnel

Rencontres avec des personnes inspirantes

En parallèle de la mission principale, il est possible durant son volontariat européen de réaliser un projet personnel. Pour ma part, j’ai eu l’idée de partir à la rencontre de personnes inspirantes, qui veulent changer le monde à leur niveau. J’ai interviewé 7 personnes, engagées auprès des mineurs isolés, des familles, des réfugiés… Certains projets étaient très originaux : création de cabanes nomades pour les SDF, d’un centre social dans une maison de famille, cuisine collective pour les gens de la rue, recyclage de plastique en échange de bouquins…

Création et exposition

J’ai décidé de publier mes articles sur un blog dédié, et de réaliser des montages photos présentant la personne et ce qu’elle réalise. Écrire en anglais ne fut pas chose facile, et j’ai demandé à plusieurs bulgares de me traduire également dans leur langue ! Nous avons ensuite imprimé mon travail sur de grandes affiches que nous avons exposé dans un café. C’était grisant de pouvoir réaliser un vernissage de ses propres créations !

La vie d’expatriée en Bulgarie

La semaine type de volontaire européenne

Il serait étrange de parler de semaine type, mais pour vous donner un ordre d’idées, on peut dire que notre temps était réparti entre les cours de bulgare, les quelques réunions à l’association, la mission à l’usine (environ 20h par semaine) et du temps libre ! Du temps pour flâner, aller boire un verre, voir une exposition, pour regarder des séries, passer des appels Skype, lire, cuisiner, prendre des cours de danse, aller à la bibliothèque de l’Institut français, acheter du thé, dessiner… J’ai particulièrement aimé ce rythme, je ne me sentais jamais fatiguée, je ne mettais jamais de réveil ! Par contre, mes colocs n’avaient pas du tout le même rythme que moi. Là où je profitais pour bouger, sortir, me lever le matin (9h-9h30), ils étaient plutôt du genre à se lever tard et faire beaucoup moins d’escapades. Mais nous avons trouvé un bon équilibre : vivre et travailler ensemble peut sembler effrayant ! Pour autant, chacun d’entre nous avait ses temps personnels, ses repas et ses balades, et nous consacrions tout de même des moments communs lors de sorties ou de soirées entre nous.

L’aspect multiculturel d’une expatriation en Europe

Ça, c’est l’aspect le plus enrichissant à mon sens. J’ai rencontré des dizaines de volontaires européens et crée plus ou moins d’affinités avec certains d’entre eux. L’une de mes craintes avant d’arriver était de ne pas être intégrée du fait que je ne boive pas d’alcool (ça peut sembler ridicule, mais ça m’était arrivée dans le passé, les remarques à longueur de temps sur le sujet…). Et bien pas du tout. Je sortais régulièrement avec les autres volontaires mais aucun n’était lourd à ce sujet ! J’étais l’un des plus âgées, je me suis sentie un peu comme la grande sœur de certains d’entre eux. Nous avons organisé des repas multiculturels, des fêtes, des pique-niques, des pub quiz, des escapades… Et surtout énormément parlé de nos différences culturelles. J’ai bien sûr considérablement amélioré mon anglais, même si j’ai échangé durant 5 mois dans ce qu’on appelle « l’anglais Erasmus », je suis capable aujourd’hui de tenir des conversations dans la langue de Shakespeare !

Les escapades autour de Sofia

En Bulgarie

Les week-ends et jours de vacances ont permis de découvrir les richesses du pays. Plovdiv, Melnik, Rila, la mer noire… Seule, à deux ou à 10… En train, voiture ou auto-stop ! J’ai expérimenté pour la première fois ce mode de déplacement avec mes deux amies Nawi et Toni. Les automobilistes s’arrêtaient plutôt facilement, nous avons du attendre 30-45 minutes maximum lors de nos différentes pérégrinations. L’occasion de rencontrer des gens sympas, nous n’avons pas eu de mauvaises surprises sur les quelques 10 trajets effectués. Pour en savoir plus sur mes escapades bulgares, rendez vous sur l’article dédié à mes coups de cœurs dans ce pays !

A l’étranger

Cette expérience m’a également permis de visiter d’autres pays à moindre frais : Vienne, le Pelion et Thessaloniki en Grèce, et Istanbul. A chaque fois, c’était bus, covoiturage ou même auto stop pour le retour de Grèce. La Bulgarie est vraiment bien située pour découvrir d’autres pays alentour et vous trouverez toujours un moyen économique de vous y rendre.

Retrouvez quelques morceaux de mon expérience de volontaire sur le blog SVE à Sofia.

Pour conclure

Ce qui m’a le plus marqué durant cette mission de volontariat européen

Cette aventure m’a profondément changé. J’ai appris à m’ouvrir aux autres, à me faire confiance dans des lieux inconnus, avec des personnes inconnues. Durant cette expérience, j’avais la sensation que chaque jour était différent, que chaque rencontre m’apportait une richesse, comme si je vivais chaque instant dans une conscience accrue. 5 ans plus tard, les souvenirs sont toujours là, j’ai imprimé les moindres moments de ce voyage au long cours, de cette parenthèse si loin de mon quotidien.

Pour autant, préserver la relation amoureuse à distance n’était pas une mince affaire, et c’était l’aspect le plus difficile à gérer. Nous nous sommes vus 3 fois en 5 mois, et nous appelions chaque jour ou presque, mais la différence de quotidien semblait peser. Néanmoins, j’ai été soutenue avec une telle ferveur pour vivre ce vieux rêve que je ne peux que remercier mon homme ! Le nouveau rêve, vivre une expérience d’une telle intensité à ses côtés, pour un voyage au long cours ou une nouvelle expatriation…

Je n’oublierai pas la rue Tsar Petar, son jardin empli d’enfants, sa fontaine illuminée la nuit. Les pavés de Sofia, l’odeur des Banitsa dans le métro, les cafés que j’aimais tant… La montagne, gardienne de la ville, présence apaisante…

Rejoindre le corps européen de solidarité

Vous avez entre 18 et 30 ans, vous souhaitez expérimenter la vie d’expatrié en Europe, réaliser une mission d’intérêt général dans un cadre rassurant ? Foncez ! Les missions peuvent durer de 2 à 12 mois. Les avantages : s’ouvrir aux autres, développer ses compétences et sa capacité d’adaptation, devenir bilingue, voyager, rencontrer des personnes et des projets inspirants… Et ça fait toujours une expérience de plus sur votre CV.

Je vous conseille de vous rapprocher de l’organisation de soutien la plus proche de votre domicile, qui saura vous aider pour vos candidatures et vous suivra durant toute la durée du projet;

Vous trouverez toutes les informations pratiques sur le site officiel du Corps Européen de Solidarité.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s